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Projet Spécial N°1:La désaffection envers l'étude des mathématiques : entre problématiques curriculaires et didactiques


Yves Matheron, France
Sophie René de Cotret, Canada
Joseph Sarr, Sénégal
Correspondant du comité scientifique : Maggy Schneider, Belgique

Appel à contribution

Le thème central du Colloque EMF 2009 met en lumière l'importance de l'enseignement des mathématiques pour le développement social et individuel au sein des communautés. L'apprentissage des mathématiques constitue ainsi un enjeu important pour assurer une qualité de vie à l'ensemble des membres d'une société : ressources humaines nécessaires au fonctionnement des sociétés, mais aussi formation de citoyens capables de s'informer et comprendre les données propres à des sociétés au sein desquelles les domaines scientifique et technique tiennent une place croissante. Toutefois, des voix se sont récemment fait entendre pour évoquer une tendance, quantifiable par le nombre décroissant d'étudiants engagés dans la poursuite d'études supérieures en mathématiques et en sciences, laissant craindre que l'enseignement des mathématiques ne soit entré dans une crise durable. D'autres, toutefois, arrivent à des constats différents et remettent en question une telle affirmation. Plusieurs études ont été menées sur cette question, et il semble qu'on doive en conclure que les résultats sont fortement liés aux différents contextes, notamment sociaux-éducatifs, au sein desquels elles ont été conduites. En d'autres termes, l'idée de crise mondiale de l'enseignement des mathématiques est à définir, à questionner et à documenter.

En France, le constat d'un désintérêt des lycéens pour les mathématiques a pu être observé à partir de certains indicateurs. Par exemple, dans son ouvrage qui repose sur l'analyse des réponses à un questionnaire soumis à 10 000 lycéens, Roger Establet (2005) conclut que, pour ces derniers, les sciences dures " sont des instruments stratégiques, non pas des enseignements porteurs de sens. " Au Québec, une étude (Foisy et al. 2000) sur l'évolution des inscriptions et de la " diplomation ", entre 1970 et 2000, dans les disciplines scientifiques aux niveaux post-secondaires (collégial et universitaire) indique que, bien qu'un discours aille dans le sens d'une désaffection des jeunes à l'égard des sciences, les données montrent que ce phénomène est inexistant. Les résultats de l'étude révèlent toutefois une décroissance du taux de diplômes de 1er cycle universitaire, décernés en mathématiques, entre 1973 et 1996, ce taux de décroissance atteignant 26 % pour la période 1986-1996.

De tels constats, ou d'autres plus ou moins de même nature, se manifestent-ils dans différents pays de l'Espace Mathématique Francophone ? Dans l'affirmative, sur quelles observations s'élaborent ces constats, et sur quels cadres méthodologique et théorique s'appuient-ils? Les raisons pouvant expliquer de tels phénomènes seraient-elles à rattacher aux choix curriculaires, c'est-à-dire aux mathématiques à enseigner, ou aux choix didactiques qui conditionnent la manière de les enseigner?

Nous proposons de décliner, en trois sous-thèmes, les différentes interrogations que soulève cette réflexion :

Sous-thème 1 : Crise de l'enseignement des mathématiques dans différents pays de l'Espace Mathématique Francophone : Réalité ou fantasme ?
  1. Peut-on parler d'une crise de l'enseignement, d'une désaffection des mathématiques, dans différents pays de l'Espace Mathématique Francophone?
  2. Sur la base de quelles définition et problématisation cette question prend-elle son sens, et cela indépendamment de la réponse qu'on lui apporte ? Par exemple, parle-t-on d'une diminution des inscriptions aux études supérieures dans des programmes qui demandent des mathématiques ? D'une diminution de la réussite en mathématiques dans l'enseignement obligatoire, tel qu'en témoigneraient les évaluations internationales (ex. PISA, TIMSS) ? D'un sentiment de désintérêt pour les mathématiques évoqué par les étudiants ou les enseignants ?
  3. La désaffection envers les mathématiques, si elle devait être avérée, s'observe-t-elle à partir des étudiants qui délaissent les mathématiques, ou s'agit-il plutôt des mathématiques qui " délaissent les élèves " ? En d'autres termes, d'une réduction des mathématiques enseignées, tant en ce qui concerne les horaires que les contenus ? L'un est-il lié à l'autre ? Et dans une telle configuration, cela signifie-t-il une évolution des sociétés relativement à l'importance qu'elles attachent à la formation mathématique des citoyens ?
Sous-thème 2 : Selon la description de la crise qui est retenue, quelles explications peut-on donner au phénomène circonscrit ?
  1. Quels liens peut-on établir entre le phénomène décrit et le curriculum en vigueur ?
  2. Quels liens peut-on établir entre le phénomène décrit et la manière dont les mathématiques sont enseignées ?
  3. Quels liens peut-on établir entre le phénomène décrit et les conditions ou contraintes des systèmes didactiques en jeu ?
  4. Quels liens peut-on établir entre le phénomène décrit et la formation mathématique et didactique des enseignants ?
Sous-thème 3 : Diverses propositions visant à améliorer l'apprentissage des mathématiques ont été développées dans une partie ou une autre de l'espace francophone. Peut-on partager ces propositions ?
    Y a-t-il des propositions ou des expériences d'enseignement des mathématiques qui se sont avérées pouvoir remplacer avantageusement l'enseignement en vigueur dans un contexte donné ? Sur quelles analyses et en vue de quelles améliorations de l'enseignement sont-elles menées ?
  1. Que modifient-elles ? Les contenus de savoir, la forme de leur enseignement, autre chose ?
  2. À quelle échelle ces propositions sont-elles engagées ?
  3. Quelles sont les contraintes qui pèsent sur leur utilisation et leur diffusion ? Sont-elles diffusées via les programmes, les manuels ou bien expérimentées de façon marginale à l'initiative de quelques personnes ?
  4. La formation des enseignants prend-elle en compte ces diverses propositions? Si oui, de quelle manière? Si non, pour quelles raisons ?
  5. Par exemple, les propositions d'ingénieries didactiques, qui ont été élaborées au cours des trente dernières années dans une partie ou une autre de l'espace francophone, sont-elles connues et mises à l'essai au-delà de leur lieu de conception?
  6. Sont-elles transférables d'un contexte socio-culturel à un autre ? Sous quelles conditions ?
Dans le cadre de ce projet spécial, nous sollicitons des contributions d'enseignants, de chercheurs et de formateurs, qu'ils soient expérimentés, en début de carrière, ou en formation. Les propositions de contributions devront préciser le sous-thème dans lequel elles s'inscrivent plus particulièrement, de même que les questions auxquelles elles se proposent de répondre.

Format des contributions et agenda

Les contributions (times 12, simple interligne) ne devront pas dépasser 12 pages (format A4 avec marges de 2,5 cm), bibliographie et annexes comprises. Elles devront mentionner les noms et les établissements des auteurs, et proposer un résumé de moins de 500 caractères.
Elles devront enfin être envoyées, à la fois en format texte (.doc/.odt) et en format .pdf, avant le 31 août 2008, aux adresses des coordonnateurs du groupe de travail.

Les coordonnateurs du groupe de travail feront savoir avant le 15 décembre 2008 si les communications sont acceptées ou rejetées, et, dans le cas où elles sont acceptées, quelles sont les modifications qui sont demandées. Les auteurs des contributions acceptées s'engageront à envoyer leur texte définitif avant le 1er février 2009 et à participer aux travaux de ce groupe de travail lors du colloque EMF.

Adresses

Yves Matheron yves.matheron@free.fr
Sophie René de Cottret sophie.rene.de.cotret@umontreal.ca
Joseph Sarr jasarr12@yahoo.fr
Maggy Schneider  mschneider@ulg.ac.be


Bibliographie

Convert, B. (2006) Les impasses de la démocratisation scolaire. Sur une prétendue crise des vocations scientifiques, Editions Raisons d'Agir, Paris.
Establet R. et al. (2005). Radiographie du peuple lycée, pour changer le lycée, ESF éditeur, Paris.
Foisy, M., Gingras, Y., Sévigny, J., Séguin, S., (2000). Portrait statistique des effectifs étudiants en Sciences et en Génie au Que?bec (1970-2000), Le Bulletin de l'Enseignement Supérieur, Octobre.


Projet Spécial N°1 en PDF

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